Ridicules ou morts de froid? Petits, maigrichons, Le poil ras, ces chiens Ont tout pour être rapidement frigorifiés. Sans rien sur Le dos, certains chiens résistent mal aux basses températures. Geneviève Comby - Le 18 décembre 2010, 18h30 Le Matin Dimanche Leurs petits manteaux prêtent à sourire. Mais lorsque Le thermomètre est au plus bas, les chiens se gèlent aussi parfois les pattes à l’extérieur. Tout dépend de leurs poils, de leur gabarit, de leur âge et de leur mode de vie. «Un Yorkshire n’est pas fait pour surveiller les moutons dans la neige! Et si vous gardez un saint-Bernard au chaud, IL va faire la gueule.» Comme Le rappelle Le vétérinaire genevois Alain Guerne, «certains chiens préfèrent Le froid, d’autres Le chaud. Mais IL EST rare qu’ils supportent les deux très bien». Alors, même si l’idée d’enfiler une petite laine à un chien peut paraître ridicule, les propriétaires qui Le font ne sont pas tous des idiots ou des sadiques. Les chiens Ont peut-être une résistance naturelle au froid supérieure à la nôtre, ils ne sont pas pour autant insensibles aux frimas de l’hiver. Tous, en tout cas, ne sont pas égaux face aux aléas de la météo. Selon leur pelage, leur gabarit, leur âge, leur mode de vie, certains toutous apprécient la bise noire autant que n’importe quel bipède qui se retrouverait dans la rue en sous-vêtements un samedi de l’Avent. Même si l’idée fait bondir certains… «Que Le loup soit bien protégé contre Le froid, je veux bien. Mais IL NE faut pas oublier que les races de chiens Ont été fabriquées au bon plaisir Des gens», rappelle Alain Guerne. Raison pour laquelle, les vétérinaires recommandent désormais chaudement la pèlerine pour chien, dans certains cas. «Théoriquement, un chien n’aurait pas besoin de manteau s’il vivait dans Des conditions «naturelles», en étant souvent à l’extérieur», admet Charles Troillet, président de la Société Des vétérinaires suisses. «Un animal est plus résistant au froid, s’il y a été habitué depuis qu’il est petit, ajoute son confrère Alain Guerne. Mais Le problème, c’est que, comme nous, les chiens vivent dans Des appartements surchauffés en hiver. Si vous sautez de 20 degrés à moins 5 degrés, ça peut valoir la peine de leur mettre un petit manteau.» Chiots vulnérables; Et IL faut Le savoir, l’épaisseur de la fourrure constitue un élément déterminant. «L’air retenu sous les poils fait isolation», explique Charles Troillet. Résultat, les moins velus, tout comme les petites carrures et les maigrichons sont les moins bien armés contre Le froid. Mais les plus jeunes et les plus âgés sont également particulièrement vulnérables. Chez les chiots de quelques mois, la thermorégulation NE s’est pas encore complètement mise en place. Les vétérans, eux, Ont parfois d’autres problèmes (un mauvais fonctionnement de la thyroïde, par exemple) qui peuvent entamer leur résistance au froid. Le dilemme Des bottines; Et puis, un patriarche à poils a souvent moins envie de bouger. A l’instar Des animaux trop bien nourris, devenus obèses qui peinent à se déplacer. Or ce n’est pas en traînant la patte qu’on se réchauffe. «Si votre chien bouge, court, IL n’aura pas besoin de manteau, remarque Charles Troillet. Mais si, dehors, IL ne fait que marcher ou attendre devant un magasin… c’est différent.» Le manteau, d’accord, mais les bottines? Car les coussinets Des chiens sont, eux aussi, mis à rude épreuve sur les trottoirs verglacés et salés. Contre Le sel qui irrite la peau, Charles Troillet recommande d’abord un bon rinçage Des pattes après la promenade. «Les bottines? Pourquoi pas, répond Le vétérinaire. On en met à Des chiens qui ont un pansement à la patte en attendant la cicatrisation. Certains les supportent très bien, d’autres vont essayer systématiquement de s’en débarrasser. Alors si Le chien les tolère, je ne vois pas de problème. Tant que la dignité de l’animal est respectée, qu’on ne cherche pas à les assortir à son sac à main!» Protéger son compagnon ou flatter son ego: tiraillés entre les deux, certains maîtres déraillent. «Mettre Des vêtements à un chien, uniquement parce que l’on trouve ça joli, je suis contre, tranche Evelyne Teroni, spécialiste du comportement Des chiens. Le plus problématique, c’est d’attribuer des sentiments humains à son animal, de Le considérer comme un être humain. Car un chien EST un chien, IL a ses codes de chiens. Une relation faussée risque de le perturber, de créer chez lui de l’anxiété, des problèmes de comportement.» Alors, si Kiki se met à aboyer comme un fou, à refuser de rester seul, à faire ses besoins à la maison, à réduire les fauteuils en charpie, c’est peut-être qu’il fallait réfléchir à deux fois avant de lui enfiler ce pull griffé comme si c’était son pyjama.
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